Michel BOLECHETTE
MAIN DROITE MAIN GAUCHE
Quelle importance ?
Essai
|
|
|
P |
<“The trouble with a cheap specialized education
is that you never stop paying for it”
Herbert Marshall MC LUHAN (1911-1980)
Traduction libre :
« Ceux qui n’ont pas fait de hautes études
s’en ressentent toute leur vie »
Avant-propos
On peut considérer la latéralité comme la capacité d’utiliser de préférence la main et le pied du même côté en fonction de l’un des deux hémisphères du cerveau qui est dominant à la naissance.
En simplifiant, si l’hémisphère gauche est dominant la main droite sera la main directrice et ce sera la main gauche dans le cas contraire. On voit ainsi que le contrôle de la main et du pied est placé du côté opposé à ceux-ci.
Cette dominance est donc déterminée à la naissance mais n’est pas aussi évidente que le sexe. On constate que la main droite est plus souvent dominante et il existe de nombreux cas où la dominance de l’hémisphère droit réglant la main gauche n’est pas perçue ou utilisée pour des raisons variées telles que l’ignorance de son existence, les coutume, la culture, la religion, voire même la politique.
Il en résulte que certains individus sont inversés puisqu’ils n’utilisent pas la main dominante.
Il est certain que la présence de deux mains directrices réparties selon des proportions différentes ne simplifie pas la vie communautaire mais il n’en demeure pas moins que c’est une caractéristique importante de l’espèce humaine.
L’étude de la latéralité doit par conséquent s’efforcer de la déterminer à la naissance ou plus tard, très jeune si possible, et d’en comprendre toutes les subtilités et notamment ce qui arrive quand on développe la main non directrice à la place de l’autre.
Il est à noter à ce sujet que n’importe quel individu peut développer la seconde main à la place de la première (dite dominante ou directrice) après quelque pratique, qu’on soit gaucher ou droitier de naissance, bien que les situations soient telles que seuls les gauchers aient tendance en général à devenir inversés, à cause du plus grand nombre de droitiers de naissance qui les influencent.
Les conséquences de l’inversion ne concernent pas seulement l’habileté ou la force de la main et du pied mais vont bien au-delà, et notamment sont significatives, entre autres, sur les plans psychiques, affectifs, sexuels et comportementaux.
Les animaux, à part les primates, ne sont sans doute pas latéralisés puisque leurs membres agissent deux par deux dans la plupart des cas. C’est le cas des vaches, mais peut-être pas tout à fait des singes.
De plus, à quoi leur servirait la latéralité puisqu’ils n’ont pas envie de modifier la nature au moyen d’outils ?
L’idée que l’hémisphère dominant du cerveau détermine la main principale est apparue à la suite de travaux sur le cerveau. Le Français Paul BROCA (1824-1880) a découvert que le centre du langage se trouvait dans le cerveau (hémisphère) gauche et donc que c’était normal qu’on utilise la main droite en grande majorité. A la suite de ses expérimentations on a trouvé aussi que ce centre pouvait aussi se trouver dans l’hémisphère droit.
La situation semble confuse sinon complexe puisqu’on trouve à la fois des droitiers et des gauchers qui ont le centre du langage d’un côté ou de l’autre. On ne lie pas forcément le centre du langage au fait d’être gaucher ou droitier pour ces raisons, bien que la main soit supposée suivre le centre du langage.
D’après des études récentes l’hémisphère gauche serait dominant pour le langage chez plus de 85% des droitiers et 60-70% des gauchers et beaucoup de gauchers ont des fonctions bilatérales (droite + gauche) pour le langage. Je n’ai rien trouvé de spécial sur les polyglottes : pourquoi ne pas leur attribuer deux centres en bilatéral ? De même, pourquoi ne pas admettre que des inversés de la latéralité qui n’ont pas de problèmes de langage auraient d’origine deux centres en bilatéral qui peuvent ou non se développer selon les circonstances ? On sait que la néoténie (prématurité) de l’enfant humain est très importante pour la « finition ».
Au point de vue anatomique ou fonctionnel il apparaîtrait que l’hémisphère droit ou l’hémisphère gauche ne sont pas entièrement semblables et il est habituel de conférer à l’un et à l’autre des caractéristiques de pensée et de capacité distinctes. Est-ce vrai pour tous les individus, mâles et femelles, gauchers et droitiers ? En d’autres termes, est-ce que ces hémisphères par principe différents et d’apparence assez semblables sont logés invariablement du même côté chez tous les individus ? On peut probablement répondre : non.
L’idée simple qui lie la commande de la main droite et de la main gauche à un hémisphère distinct n’est pas admise unanimement du fait de la complexité du cerveau. On possède des moyens d’invasion non destructifs du cerveau bien plus sûrs que du temps de Broca mais plus on en sait plus on produit des théories qui ne sont pas toujours très gratifiantes ou satisfaisantes pour les gauchers et qui nourrissent la polémique.
Sont importantes dans la composition du cerveau les régions dites de Broca et de Wernicke car si elles sont affectées elles peuvent déterminer des aphasies spéciales.
Une théorie moderne (8) (9) se base sur la chimie en dosant des éléments hormonaux ou autres et notamment en partant du fait réel ou supposé que les hommes seraient plus gauchers que les femmes, ce qui met en lumière le taux de testostérone.
Il apparaît que ceux qu’on appelle gauchers chez la plupart des scientifiques sont les individus qui écrivent de la main gauche. On en trouve alors 10 à 15% selon les auteurs et il y a environ 4% de mâles en plus, par rapport aux femelles, ce qui est important si on considère cette proportion. Par contre, si on se base sur d’autres définitions, il y aurait 30 à 40% de gauchers et cette différence de 4% n’apparaît plus aussi significative.
Cette théorie dite de Geschwind-Behan-Galaburda (GBG) (8) (9) datant de 1987 déplait fortement aux gauchers car ils y sont considérés un peu comme des ratés de la « droiterie » (qui n’est pas la dextérité !).
Ce racisme est très désagréable et pourrait faire douter de la justesse des théories de certains « droitiers ».
On peut analyser cette théorie dans ses grandes lignes en considérant l’article critique et objectif de (13) Monica WATKINS, Harvard Undergraduate Neuroscience Journal, intitulé : « Création du « sinistre » : contributions biologiques à la gaucherie ».
On peut tirer ce qui suit de la théorie GBG, les parties en italique reflétant sensiblement l’opinion de l’auteur de l’article cité :
Nous vivons dans un monde dans lequel les droitiers semblent dominants. La gaucherie a été et est encore considérée comme un handicap, une mauvaise habitude ou le symbole d’un état « sinistre »(en latin, « sinister » veut dire : gaucher et sinistre). Des études récentes cherchent à relier les gauchers à des comportements socialement indésirables tels qu’une psychose ou une activité criminelle. Les implications sociales de ces stigmas sont immenses.
« Les gauchers peuvent être l’une des dernières minorités inorganisées dans notre société, sans pouvoir collectif et sans sens réel d’identité commune » (selon (5) (6) Stanley COREN (1992).
Dans le passé on s’est penché sur les conséquences physiques, mentales et sociales de la gaucherie.
Selon cette théorie GBG les savants se focalisent sur des bases biologiques.
On propose que les enfants droitiers se sont développés normalement; ils montrent des symétries à gauche dans les zones du langage. Au contraire, les enfants gauchers ont souffert de complications qui ont provoqué une dominance cérébrale anomale. En conséquence, la coordination motrice se décale vers le côté gauche du corps chez ces enfants.
Bien que dans ces hypothèses on ait mis en avant une proposition alternative assez complète, cette théorie est sujette à caution et suscite beaucoup de débats.
La théorie GBG (8) et (9) dit que la génétique a peu à faire avec la détermination de la gaucherie. Des influences extérieures à un strict programme génétique sont les plus importantes pour la détermination de la latéralité. Des études ont montré que des dommages au cerveau en développement à des étapes peuvent provoquer des changements significatifs. Il est possible qu’une variation de l’environnement chimique du fœtus puisse causer de tels changements et amener une certaine dominance cérébrale. Ces variations chimiques influent aussi sur le système immunitaire. Plus tard les effets de ces influences chimiques peuvent se manifester en tant que désordres de l’immunité et structures anormales du cerveau.
Toujours selon cette théorie, les variations chimiques et leurs effets sont importantes pour ce qui suit : la gaucherie est plus commune chez les hommes, les désordres du langage sont plus fréquents chez les hommes, la gaucherie est liée à des désordres de développement dans l’enfance et les désordres de l’immunité et d’autres maladies sont plus communs chez les gauchers. En d’autres termes la gaucherie est la ligne directive commune pour des problèmes qu’on aurait pu croire ne pas pouvoir relier.
Définition de la gaucherie d’après GBG :
Une latéralité complète ou seulement partielle (pas la jambe, pas l’œil, etc.) à gauche.
Continuation génétique incomplète et développement
Les parents gauchers ne procréent pas systématiquement des gauchers en grand nombre. De ce fait, les gens naissent droitiers (hémisphère gauche dominant) mais il y a un transfert vers l’hémisphère droit par suite de développement anormal. Les facteurs importants sont alors probablement chimiques.
Les hommes seraient droitiers pour 86% et les femmes 90%, soit 4% d’écart.
Si les gauchers sont effectivement 10 à 15% de la population seulement cet écart est important mais ne sont-ils pas plus nombreux ? (note du présent auteur).
La testostérone (hormone mâle) serait donc le facteur clé de la tendance à la gaucherie.
Lien avec les désordres de développement
On cite la dyslexie, le manque d’attention dans les études et le retard mental.
Le fameux centre du langage serait dans l’hémisphère gauche mais quelquefois dans le droit comme une sorte de « refuge » ou une pièce de rechange par suite d’un état non satisfaisant ou d’un endommagement du gauche.
Lien avec l’immunité
La théorie lie la gaucherie à des désordres immunitaires et de langage.
Beaucoup doutent de cette théorie qui se base sur la main qui écrit, la réponse à des tests et la conscience d’être ou non gaucher. Rien sur un départ basé sur l’hémisphère dominant de naissance.
Homosexualité
L’homosexualité serait liée à la testostérone (moins ou plus de testostérone).
Des études ont montré que cette théorie ne peut s’appliquer aux gauchers en ce qui concerne l’homosexualité et l’immunité, bien que la théorie ait voulu les y inclure.
La longévité
Elle serait moindre (de 10 ans ?).
Mais d’autres études montrent le contraire.
Comme la gaucherie semble aussi importante depuis toujours dans l’humanité la fragilité qu’on lui attribue n’est pas confirmée ; sinon les gauchers seraient disparus depuis longtemps.
EN CONCLUSION, la théorie GBG fondée presque uniquement sur la chimie ne semble pas apporter des vérités définitives malgré l’énorme travail effectué par ces Américains.
Cette théorie semblerait aussi admettre, en plus des gauchers ordinaires, quelques génies (Leonardo da Vinci, Charlie Chaplin, Einstein, par exemple) dans cette catégorie à problèmes, puisqu’il faut bien les expliquer par des conditions « anormales ». Aux femmes (moins scientifiques sans doute) il ne resterait plus que les géniales actrices Nicole Kidman, Julianne Moore, Angelica Jolie et Julia Roberts. Parmi les gauchers cités sur les listes anglophones on trouve Napoléon, mais sans le prouver par des références à des historiens.
D’après Antonio de Beatis qui a visité Léonard de Vinci en 1517 (et qui ignorait sa gaucherie, d’après une citation de son témoignage) celui-ci, vieux et paralysé de la main droite, utilisait la main gauche pour cette raison. Il ne manquerait plus que Léonard soit un droitier contrarié, depuis l’enfance !
Dans la littérature spécialisée un auteur français au moins, (12) Stéphane Thieffry, dit que la gaucherie n’est pas une maladie mais qu’il s’agit d’une caractéristique biologique.
D’autres auteurs, les Français (7) Charlotte Faurie et Michel Raymond pensent que d’après la théorie de l’évolution (voir Darwin) les gauchers devraient progressivement disparaître puisqu’ils sont en minorité mais qu’ils subsistent encore parce qu’ils sont meilleurs dans les luttes et maintenant dans le sport face à des droitiers à cause de l’effet de surprise. Ils sortent donc vainqueurs de ces compétitions et peuvent facilement s’entourer de femelles, ce qui leur donne beaucoup de descendants gauchers, car la gaucherie serait héréditaire.
Hélas pour la confirmation de cette thèse, la gaucherie n’est pas directement héréditaire puisque les droitiers ont paraît-il autant de chances en proportion d’engendrer des gauchers.
Des auteurs Canadiens (10) Lalumière, Blanchard et Zucker trouvent chez les gauchers une proportion importante d’homosexuels de toutes sortes. D’autres contestent : voir la critique par Whitehead (14) qui n’y croit pas.
On trouverait aussi beaucoup plus d’autistes et d’épileptiques chez les gauchers. Si les statistiques de ces auteurs sont faites sur la base de 10 à 15% de gauchers dans la population cette conclusion est normale lorsque par exemple on trouve qu’il y a 35 gauchers sur 100 autistes, ce qui fait trois fois plus que dans la population « normale » de gauchers, mais ceci est faux si on pense plus prosaïquement qu’il y a un individu sur trois (33%) ou même 40% de la population qui serait gaucher de naissance, contrairement à ces statistiques. On peut aussi supposer qu’un autiste ne peut cacher sa vraie nature (droitier ou gaucher) et donc qu’il n’y aurait pas d’inversés par ignorance de cette latéralité.
Les Européens : Français, Italiens, Allemands, Polonais basent généralement leurs études sur les recherches extensives des Américains. Les Russes ont un mot pour gaucher (levsha) mais aucun pour gaucherie. Ils ne semblent pas s’y intéresser vivement.
Les pédagogues parlent de l’écriture des enfants gauchers d’une façon plus originale et surtout plus pratique. A ce propos il est curieux que personne n’ait fait ample référence à ce qui se passe chez les peuples qui écrivent de droite à gauche (arabe) au lieu de gauche à droite, comme en Europe : on y trouverait des méthodes pour écrire vers l’intérieur (au lieu de vers l’extérieur comme dans le cas d’une écriture de gauche à droite) qui pourrait servir aux enseignants pour aider les gauchers qu’on fait écrire vers le haut, vers le bas, en biais, etc. ou en leur faisant exécuter une sorte de crochet. (Depuis la pointe bic on peut très bien écrire horizontalement sans faire de pâtés).
Il est à noter que parmi les langues 44 s’écrivent vers la droite (l’extérieur) et 20 vers la gauche (l’intérieur).
Au moins deux auteurs (4) Ting Ting Chan et Benjamin Bergen indiquent que la direction de l’écriture influe sur la reconnaissance spatiale.
Comme les théories et remarques précédentes ne sont pas entièrement confirmées, il faudrait plus simplement et plus sûrement partir d’une autre base, suspectée depuis Broca, par exemple, la dominance de l’un ou l’autre hémisphère à la naissance, mais comment la déterminer ?
En effet, les indices de gaucherie ou de droiterie relatifs à la main ou d’autres membres ont subi l’influence de l’exercice et de l’acquis, ce qui les rend peu sûrs et en tous cas il hors de question de compter les gauchers d’après le critère de main ou de pied puisqu’il y a en pratique plusieurs sortes de gauchers : les complets, les contrariés, les inversés et les ignorés. Ceci en augmente beaucoup le nombre, si on part de 10 à 15%.
Pourquoi ne pas essayer de considérer la dominance d’un hémisphère comme de nature électrique, magnétique ou autre, non chimique ou anatomique, de type vraisemblablement vérifiable ultérieurement bien que non perceptible à présent ? Elle ferait partie du patrimoine de l’humanité ; elle est donc génétique mais pas directement héréditaire.
Le présent essai se fonde sur des observations et des expériences menant tout à fait par hasard à une idée de polarisation, soit positive soit négative de chacun des deux hémisphères, qu’ils soient de droite ou de gauche, et semblables ou différents par ailleurs, cette situation étant liée au sexe respectif.
L’idée en question n’est apparue et ne s’est développée chez l’auteur de cet ouvrage que parce qu’il était persuadé que les spécialistes avaient sans aucun doute prouvé que la dominance d’un hémisphère déterminait la latéralité. Il fallait donc rechercher cette dominance, supposée présente à la naissance, dans le cerveau, sans s’intéresser à la main. Autrement, il aurait fait comme tout le monde, à savoir, compter les gauchers et les étudier de l’extérieur, en vérifiant quelle main était dominante.
Il semble cependant que ce postulat de dominance ne soit pas actuellement admis par tous (voir GBG et le transfert des fonctions d’un hémisphère à l’autre, souvent à cause d’une déficience de l’hémisphère gauche !).
Il n’est pas aisé d’admettre, comme il est proposé ici, qu’on puisse percevoir, grâce à un simple test décrit plus avant, cette polarisation. De ce fait, certains chercheront peut-être à authentifier d’une autre façon, très scientifique, la véracité de son existence. En effet, si l’hémisphère dominant détermine la main directrice des recherches plus poussées sur le cerveau permettront ultérieurement de trouver cette dominance, probablement à l’aide d’un appareil sophistiqué.
Par ailleurs, un autre test résultant de l’écoute de la voix qui, elle, est enregistrable, donc analysable à loisir, a été trouvé par l’auteur ; il est accessible à tous ceux qui ont une bonne oreille et permet la détection des gauchers ( = dominance, à la naissance, d’un hémisphère) qui sont en âge de parler et qui sont devenus inversés par la suite à cause des circonstances.
Ces hypothèses, découvertes ou théories, à conséquences inattendues et complexes, ne prétendent pas résulter d’une science infuse mais méritent d’être écoutées, étudiées attentivement sans préjugés, creusées, contredites, affaiblies ou confirmées.
Au départ, le but poursuivi était de faire un court récit biographique sur une situation particulière et de décrire quelques idées et avancées originales dans le seul but d’être utile à des personnes se trouvant dans des cas similaires.
On mentionne en tant que de besoin ce qui a été fait et trouvé en parallèle par les scientifiques à l’occasion de la description des hypothèses exposées.
Dans les brevets d’invention on décrit l’art antérieur pour montrer ce qui est nouveau et profiter pendant vingt ans de royalties basées sur l’exploitation et le commerce de l’invention.
Le scientifique, lui, est très diplômé et compétent, ce qui n’est pas contradictoire, et se montre neutre et expérimentateur. Il rédige des quantités d’articles et de livres pour informer ou poser des problèmes à ses égaux, dans un milieu limité. Le sérieux règne.
Ou alors il fait un ouvrage de vulgarisation, dans lequel il bannit les mots tirés du grec et du latin, pour s’adresser au lecteur non spécialisé. L’auteur de ce genre d’ouvrage est bien placé dans la hiérarchie scientifique mais comprend quelque fois la nécessité de se pencher vers les non spécialistes, pour des motifs pédagogiques.
Les savants doivent être cités abondamment parce que, à part de problématiques droits d’auteur pour leurs ouvrages ardus et laborieux, purement scientifiques, ils ne peuvent espérer d’autres récompenses significatives que l’estime de leurs pairs et des milieux universitaires spécialisés répartis dans tous les pays du monde.
En effet, il ne s’agit pas de brevets d’invention donnant droit à des royalties.
On peut apprécier sous ce rapport qu’une véritable invention industrielle ne survient que tous les vingt ans ; les autres sont de simples améliorations.
Après une revue des écrits sur le sujet, je suis moi-même devenu, sans l’avouer, sensible à certaines théories scientifiques actuelles.
Cependant, même si ce que je dis ci-après n’a aucune prétention de vérité absolue, il est fort possible que les idées mentionnées présentent quelques pourcentages de vérité.
1. 1) Révélation et essai de détection de la latéralité
Ayant assumé, par hypothèse, qu’il avait pu m’arriver d’être gaucher de naissance (hémisphère droit du cerveau dominant) plutôt que droitier (hémisphère gauche dominant) sans avoir du tout développé la main gauche, et ayant utilisé la main gauche, comme seule main directrice à l’âge adulte, après jusqu’ici développement « traditionnel » exclusif de la main droite, j’ai évidemment cherché à trouver des individus qui pouvaient correspondre à ce schéma exceptionnel, ou du moins à un schéma de gaucher ordinaire, afin de pouvoir les étudier aussi complètement que possible.
Si j’ai changé de main à 23 ans c’est parce que certaines difficultés étaient apparues dans ma vie, malgré une scolarité normale et même brillante : céphalées, brûlures d’estomac, fatigue, mal de dos, étourderie, etc. et une timidité épouvantable qui me rendait pratiquement muet en public.
J’ai donc du abandonner mes maigres études et entrer très tôt dans la vie active : usine métallurgique et autres travaux manuels pénibles, pour finir bien plus tard par être ingénieur et traducteur technique.
A l’âge indiqué j’avais perdu l’espoir d’un changement mais j’ai lu un article banal sur les enfants gauchers dans un journal féminin et ceci, ajouté au fait que mon œil gauche était nettement le meilleur des deux, m’a fait soupçonner sans rien connaître de plus spécifique à la gaucherie que je pouvais avoir été malgré tout gaucher « de naissance », bien qu’à l’école et dans ma famille ce phénomène fut inconnu. Dans l’état de besoin où j’étais, j’aurais essayé n’importe quoi.
Je n’y croyais pas, mais j’ai essayé.
Après 3 mois d’efforts manuels : taper, tourner, lancer, fendre, percer et manger, etc. tout a changé, y compris la couleur de ma voix et ma capacité de parler. Je suis même devenu trop bavard. Surtout, plus aucune timidité et une grande concentration. Evidemment, les maux de tête et les ulcères d’estomac en formation sont disparus à jamais.
Il m’a semblé alors nécessaire d’écrire aussi de la main gauche et de décider de m’y tenir car une conduite d’ambidextre véritable (= deux mains directrices se remplaçant à tout de rôle suivant son humeur) et non pas d’ambidextre au sens habituel (= répartir les tâches entre les deux mains, notamment écrire de la main droite) rend indécis et trop conscient de ses mouvements.
Je ne suis jamais parvenu à retourner en arrière (utilisation de la main droite) plus de trois jours. Il est à noter à ce propos que les pratiques manuelles s’inscrivent dans le cerveau et redeviennent vivantes, dès qu’on le veut, toute la vie, sans jamais être oubliées.
Cette brève histoire personnelle montre que je n’ai subi aucun des dommages habituels résultant de méthodes coercitives telles qu’attachement de la main gauche dans le dos pour forcer à écrire de la droite et autres « redressements » et que je n’ai aucun complexe de gaucher, comme, je pense, les jeunes de maintenant. Si j’ai exercé la main droite depuis ma prime jeunesse je l’ai sans doute choisie assez librement et inconsciemment pour ne pas être seul de mon espèce.
Il ne me vient donc pas à l’idée d’appartenir à un club de gauchers qui ont besoin d’une paire de ciseaux spéciale pour couper un ruban et qui s’opposerait à un club de droitiers, de même qu’un club de Noirs s’oppose à un club de Blancs ou un club d’homos s’oppose à un club d’hétéros, tandis que des féministes frustrées combattent des hommes non moins frustrés.
Les gauchers font partie intégrante de l’humanité et admettre qu’ils seront supprimés par « l’évolution » parce que minoritaires reviendrait à supprimer soit les hommes soit les femmes. Ce n’est même pas une catégorie de bêtes curieuses. Ce qu’ils veulent, c’est être ordinaires, inaperçus et habituels. Ils veulent même être débarrassés de Leonardo da Vinci qui revient à la surface tout le temps comme si on n’avait rien fait de grand depuis son siècle.
Au début j’ai cherché à lire sur le sujet. Dans mon isolement provincial je n’ai rien trouvé au-delà de la description du spécialiste qui s’obstine à tester les mômes en les faisant sauter sur un pied ou l’autre, le tout avec une grande pauvreté d’imagination. Comme mes problèmes étaient résolus je n’avais rien à faire d’une détection de la gaucherie pour moi-même.
Et quand beaucoup plus tard j’ai voulu écrire sur la gaucherie pour parler de cette «conversion» et de cette expérience unique je n’ai rien lu à ce propos pour ne pas souffrir de théories puissantes trop intellectuelles et ne pas être influencé, et pour pouvoir librement exposer telles quelles mes idées originales.
Ce n’est que récemment pour rédiger l’avant-propos que j’ai pu découvrir l’énorme travail sur la latéralité qui s’est fait à partir des sciences humaines et de l’expérimentation, notamment sur la base de la neuro-anatomie, de la biologie et de la chimie.
Ces études poussées sont cependant extérieures. C’est pourquoi je parle brièvement de mon expérience personnelle dans ce chapitre.
Le but recherché est d’exposer simplement un aspect de notre nature en espérant que ces considérations puissent permettre une réflexion utile et une meilleure compréhension de l’humanité car bien des choses restent mystérieuses.
Gaucher méconnu
Pour rassasier mon appétit de recherche et pour comprendre ce qui se passait chez les gauchers, le problème essentiel n’était pas à l’époque de trouver quelqu’un qui avait tout d’un coup découvert qu’il était gaucher de naissance sans avoir eu la possibilité de développer cette latéralité, pour des causes diverses. Il était d’ailleurs invraisemblable de pouvoir raconter une telle histoire à des spécialistes ou encore moins à de quelconques amateurs.
Tout le monde savait ou croyait savoir que quand on avait le bonheur, ou peut-être la malheureuse fantaisie, de naître gaucher, il était évident qu’on utilisait alors la main gauche, parce qu’on “le” savait depuis tout petit, au moins pour le travail manuel. Il existait probablement peu, ou pas du tout, de “gauchers méconnus” dans la littérature médicale.
Celui qui expliquerait une telle situation en essayant de persuader les autres que l’hypothèse de la méconnaissance était juste passerait au minimum pour un original.
Par contre, les gauchers « obliques » (main et pied sur côtés différents), avatars artificiels de la gaucherie, ont probablement été notés dans la littérature médicale.
Le concept de l’existence de deux hémisphères dans le cerveau, dont l’un « domine » l’autre, cette dominance obligeant quelqu’un à agir d’une main plutôt que d’une autre, qui est surtout médical et assez négligé ou ignoré, ne semblait pas mener à des conséquences logiques chez la plupart des gens, le monde médical non spécialisé compris. Au XXème siècle et auparavant il n’était donc pas possible de dire : « Je me suis aperçu à un moment pour des raisons diverses que j’étais gaucher et donc je me suis mis à utiliser la main gauche, qui n’avait chez moi aucune force ni aucune habilité jusqu’ici ».
Un gaucher inversé ne pouvait de toute façon pas réussir à l’école; il devait même bégayer, d’après les préjugés habituels !
Premier gaucher observé
Il ne me restait donc qu’à me taire et à observer attentivement autour de moi pour en tirer le maximum de leçons. Je me souviens du premier gaucher (contrarié) que j’ai vu en action puisqu’il travaillait dans le même laboratoire chimique de l’usine que moi. Bien entendu, il écrivait de la main droite. A l’époque je ne vois pas comment il aurait pu faire autrement.
Il était d’ailleurs très fier d’écrire de la main droite, même s’il en avait souffert consciemment dans son enfance, et ne voyait aucune conséquence directe, médicale ou autre, au fait que ses activités ou ses repères intellectuels avaient lieu, pour plus de 50% de la main la plus « faible ».
Il regrettait cependant, mais sans savoir pourquoi, de ne pas avoir écrit de la main gauche à l’école et à l’âge adulte. La fierté provenait du sentiment qu’il n’était pas handicapé puisqu’il faisait comme tout le monde. On lui avait fait croire qu’il n’était pas normal ; il s’était donc efforcé de devenir « normal ». Dans ces périodes reculées on mettait l’accent sur l’habileté et la force et non sur autre chose pour justifier l’emploi de la première main (mais savait-on comment la trouver ?).
Grâce à cet homme, j’ai pu constater que beaucoup de gens se plient aux coutumes ou aux lois, aux décrets des autres, sans songer à se remettre en question et à se révolter, et comment on peut influencer un enfant pour le détourner de ce qu’il considère comme sa nature profonde, afin qu’il suive le trajet commun.
Quand on est enfant on a horreur de ne pas être comme les autres (situation d’étranger ou de handicapé, par exemple) même si on sent qu’on ne l’est pas tout à fait, et on a beaucoup plus tendance à suivre le groupe parce qu’on souffre de se trouver à l’écart, ou en minorité.
Cependant, c’est paradoxalement en obéissant à sa nature et en s’écartant des coutumes ou des contraintes injustifiées qu’on devient “normal” et « comme les autres ». Mais comment expliquer ceci à un enfant alors que les adultes eux-mêmes ne connaissent rien à cette question et que les médecins, souvent inversés, ignorent en grande partie ce qu’est la latéralité.
Détection des gauchers de l’extérieur, sans regarder la main
Ce chapitre n’est pas en fait destiné à faire connaître les circonstances qui provoquent une inversion consciente (gaucherie inversée partiellement à cause de l’écriture) ou inconsciente (et totale) de la latéralité parce que pas du tout manifeste à la naissance, ou trop précoce dans la mémoire de l’enfant.
Je veux simplement parler d’un phénomène difficile à expliquer qui m’a permis de détecter de l’extérieur les gauchers, apparents ou non, sans les interroger ou sans les connaître vraiment, et donc de pouvoir les compter.
Il est évident que pour se permettre de dire que, bien que les droitiers soient effectivement en majorité, les gauchers par naissance ( hémisphère droit du cerveau étant dominant) sont quand même assez nombreux, probablement de 30 à 40%, en incluant les ignorés, les contrariés et les complets, il faut avoir une méthode pour les détecter, sans se fonder sur la main, trop peu sûre, et parmi les droitiers, reconnaître les “faux” droitiers qui sont en fait des gauchers inversés, les autres gauchers étant les gauchers contrariés (pour l’écriture) et les gauchers complets.
Avant d’en parler plus avant, je dois dire que dès le départ ou presque j’ai pensé que la latéralité (dominance gauche ou droite) déterminait toujours une “première” main, placée soit d’un côté soit de l’autre et que la gaucherie n’avait rien d’un succédané de la droiterie, comme semblent le croire certains scientifiques.
En d’autres termes, il n’existerait pas de « gauchers » (= maladroits) ou de « droitiers » (= adroits) dans l’humanité. Tout le monde est « droitier » (= adroit). Il n’y a que des droitiers (= adroits) dont la première main (directrice) dite “adroite” est soit à droite soit à gauche.
La “seconde” main dite maladroite, qu’elle soit à droite ou à gauche, est placée de l’autre côté, qui peut être à gauche ou à droite. Cette affirmation a le mérite de simplifier la question du fait qu’on peut dire, si la première main est à droite, qu’il s’agit d’un droitier, et si elle est à gauche, qu’il s’agit d’un gaucher.
Quand après une observation intense quelqu’un me dit : « Ah vous êtes gaucher ? », je réponds : »Mais non, vous voyez bien que je suis un droitier de gauche ».
Est-ce que cette symétrie externe est parfaitement vraie ? Ce n’est pas sûr, comme la suite le montrera, mais en première approximation cette hypothèse a du bon. En plus, elle présente l’avantage de ne pas suivre les idées habituelles liées au vocabulaire, car le mot “gaucher”, dans toutes les langues, inclut une notion de maladresse, de « gaucherie », donc de manque d’habileté ou même de finesse.
Pour citer quelques exemples significatifs, voici quelle est la situation dans diverses langues étrangères : partant du français où le terme “gauche” veut dire “de travers” (voir gauchir), on passe au latin sinister qui a donné “sinistre”, à l’italien “mancino” (petite main fourbe), à l’espagnol “izquierdo” (tordu), à l’anglais “left” (laissé) et à l’allemand “linker” (mou, terne), au russe “levcha” , au tchèque “levy” et au polonais “lewy”, tous avec le sens gratifiant de “tordu” et on peut terminer par le hongrois : “bal” (gauche) qui a donné “baleset” (accident, littéralement : événement de gauche). Au cinéma, celui qui manie l’épée de la main gauche est immanquablement le traître.
Méthode de détection des latéralités différentes.
La base de la méthode provient de la remarque suivante :
quand on fait face à une personne, à savoir, son propre oeil droit étant dirigé sur l’oeil gauche de la personne en face et son propre oeil gauche vers l’oeil droit de celle-ci, sans bien sûr insister lourdement, on remarque, bien souvent, que si cette personne vient vers l’observateur, dans un couloir ou sur un trottoir assez larges, par exemple, on a tendance à la “heurter », que ce soit une femme ou un homme, ce qui peut être très gênant.
“Heurter » cette personne veut dire : vouloir aller à droite quand l’individu en face veut aller à sa gauche et aller à gauche quand celui-ci veut aller à sa droite, et ceci bien sûr en même temps et dans le seul but, non atteint, de s’éviter mutuellement.
En réalité on ne se regarde pas dans les yeux car bien souvent l’un des deux regarde par terre.
Peut-il y avoir éventuellement une attraction réciproque, ou plutôt, une sorte de fascination (= profonde impression) dans certains cas, puisque chacun veut aller dans la même direction en même temps ?
Pour d’autres personnes, il n’y a jamais de risque qu’on se heurte, mais au contraire il y a une sorte de “répulsion”, un mur net, une défense ou une opposition, face à face, et le résultat c’est qu’on s’évite facilement.
Tout le monde peut ressentir ce phénomène de «contact» à distance car chacun possède un regard, attirant ou repoussant, neutre ou impressionnant. Beaucoup haïssent les miroirs du fait qu’ils leur renvoient leur propre image en opposition, ce qu’ils ressentent.
A noter que la perception de ce phénomène est maximale à l’EXTERIEUR des maisons et pendant la situation de MOUVEMENT, que quelqu’un aille vers une autre personne, ou s’en éloigne. Il y a un renforcement par les mouvements et par la situation de plein air. Je ne suis pas sûr qu’un fort soleil favorise la détection du phénomène mais l’absence de lumière a une influence négative.
En fait, un individu venant vers vous vous envoie un signal indiquant peut-être simplement son intention.
Pourquoi et comment peut-on l’utiliser pour détecter la latéralité ?
Existence de deux sensations distinctes
Quand j’ai cherché à étudier des gauchers hommes, je n’ai pas tardé à remarquer qu’il y avait alors cette attraction ou neutralité.
Au contraire, il y avait des individus que tout me portait à croire qu’ils étaient droitiers hommes parce qu’ils me faisaient ressentir une sorte de mur ou de force antagoniste au niveau du regard.
J’en ai donc conclu après une période de recherche assez longue que dans un corps humain il y avait un oeil d’un des côtés d’un certain type (ou polarité) et un oeil de l’autre côté du type contraire.
S’il s’agit d’un droitier, l’oeil droit, souvent directeur, disons l’oeil “positif” (dominant) est en face de mon oeil gauche, qui est du même type, donc également “positif” (dominant), qui le repousse ou se trouve en opposition.
Il en est de même de l’autre oeil, l’oeil gauche du vis-à-vis, qui est forcément de l’autre sorte, “négative”, qui s’oppose aussi à mon oeil droit “négatif”.
Il y a donc deux sensations opposées.
S’il n’y a pas deux sortes de rayonnements opposés, comment expliquer que dans un cas, gaucher face à un gaucher, et dans l’autre cas, droitier face à un gaucher, il y ait une réaction oculaire réciproque inverse ?
Essai de localisation de ces sensations
L’explication que je donne ici de la façon de ressentir le phénomène en essayant d’amplifier et d’affiner sa propre sensibilité trouvera, j’en suis sûr, des échos chez certains, car ils pourront percevoir la même chose.
Tout semble avoir lieu au niveau de l’oeil directeur : dans un cas il y a une sorte d’accord et dans l’autre ce sont deux mousquetaires qui croisent le fer. Il y a même une détection à une certaine distance raisonnable, s’il y a mouvement.
Si on arrive à un résultat reproductible et si beaucoup de personnes l’atteignent, on pourra en outre constater que le rayonnement existe non pas seulement au niveau des deux paires d’yeux mais également sur tout le corps, mais pas dans le désordre, comme expliqué plus avant.
En effet, rien n’empêche de tester (= regarder et ressentir) une main, un bras ou une oreille pour voir ce qui se passe. La sensation concernant une oreille (centre), par exemple, est inverse de celle ressentie avec une main ou un œil (membres).
Classification des individus selon leur sorte de « rayonnement »
Lorsque j’ai réussi à trouver une GAUCHERE, qui évidemment écrivait de la main droite, mais était sûre d’être gauchère de naissance, puisque tous ses actes, hormis l’écriture, avaient lieu de la main gauche, j’ai eu la grande surprise de constater que la réaction à ce test par les yeux était de la même sorte que dans le cas des hommes DROITIERS.
De là à penser qu’un droitier et une gauchère ont les mêmes côtés spécifiques respectivement à droite et à gauche, il n’y a qu’un pas qui fut vite franchi. En effet, depuis toujours beaucoup de femmes avaient pour moi la particularité de correspondre (= pas d’opposition) face à face. C’était évidemment des droitières.
Les autres femmes avaient une particularité différente parce que c’était des gauchères, avec opposition complète, face à face.
Il en résulte que tous les gauchers hommes et toutes les droitières ont le même type de rayonnement des mêmes côtés. Si par convention j’appelle “mâle” ou positif le côté directeur chez un homme, j’appellerai “femelle” ou négatif le même côté directeur chez les femmes, étant donné que chez les hommes la “première” main a d’après ce qui précède, une caractéristique de “rayonnement” différente de celle des femmes. Les droitiers et les gauchères ont le même rayonnement au même endroit mais ils n’utilisent pas la même main. Il en va de même pour leur part des gauchers et des droitières, comme on l’a vu plus haut.
La latéralité (état dit positif ou respectivement négatif de la main directrice, en fonction du SEXE) semble donc bien déterminée par le SEXE. La force ou l’habileté résultent de caractéristiques liées au sexe respectif et la première main correspond à ce qui est indispensable pour chaque sexe : une main dite mâle ou positive pour l’homme et une main dite femelle ou négative pour la femme.
Si la main mâle est à droite c’est un droitier, si elle est à gauche c’est un gaucher. Si la main femelle est à droite c’est une droitière, si la main femelle est à gauche c’est une gauchère. C’est tout.
Tout individu qui est convenablement éduqué peut probablement développer par la pratique une certaine force ou une grande habileté. Si la main primordiale ou primaire ou directrice d’un homme est plus forte c’est parce qu’elle correspond au fait que les hommes sont plus musclés et ont besoin de force pour le travail qui les attend. Chez la femme, cette main principale n’aura pas obligatoirement cette caractéristique.
Par ailleurs, que seuls les gauchers ou les gauchères deviennent plus ou moins AMBIDEXTRES veut simplement dire qu’il existe habituellement une “éducation” tendant à uniformiser tout le monde. Tous en fait (droitiers ou gauchers) peuvent de façon égale acquérir une certaine adresse des deux mains s’ils y consacrent assez de temps. Voir les jongleurs et les prestidigitateurs.
Répartition des « polarités » sur le corps
Après un laps de temps assez long j’ai fini par trouver que la division du corps humain en deux parties, droite et gauche, dans le sens vertical n’était pas si simple et qu’en réalité il y avait QUATRE parties séparées par trois lignes verticales imaginaires. En effet, il y a les membres et la partie centrale (également divisible par deux).
Il y a en fait quatre secteurs deux à deux : mâle et femelle, puis mâle et femelle, dans le sens horizontal.
Ces quatre secteurs du corps ont des polarités alternées qu’on appelle aussi, par exemple, positive, négative, positive, négative en horizontal.
L’alternance ne peut constituer une grande surprise puisqu’ils appartiennent chacun à un côté différent ou une demi-partie centrale placée d’un côté ou de l’autre. Par ailleurs, le vocabulaire impliquant les mots mâle, positif et femelle, négatif n’est qu’une convention commode.
Il est à noter qu’on ne sort pas d’un concept binaire lorsqu’on considère l’humanité : grand, petit ; début, fin ; positif, négatif …
Que le rayonnement ou la polarité concerne le corps tout entier et non les yeux seulement est fondamental : s’il n’y avait eu qu’une réaction au niveau des yeux et non sur tout le corps je n’aurais pas détecté et considéré qu’il y a quatre zones ou secteurs importants, deux parties membres et deux parties centrales, qui sont distinctes parce que situées de part et d’autre.
Les yeux sont précis et proches du cerveau ; il est donc assez logique et acceptable que ces « fenêtres » puissent jouer un rôle de détection au-delà du visuel, en plus de la vision proprement dite.
Pour avancer un peu dans l’analyse, il faut aussi savoir que l’oeil peut être divisé en deux par une ligne verticale imaginaire, ce qui donne un oeil extérieur et un oeil intérieur.
En effet, on ne tarde pas à constater qu’une visée vers l’oeil intérieur, près du nez, d’un individu ne donne pas le même résultat de “correspondance” ou “d’opposition”, que dans le cas de l’œil extérieur, mais un résultat INVERSE .
Il existe des données médicales qui confirment (pour l’œil) cette subdivision : le demi-œil externe correspond par des connexions nerveuses ou autres au demi-oeil interne de l’autre côté, et c’est précisément là que j’ai constaté une même “polarité”, pour ces deux éléments.
Il est aussi très connu médicalement que l’hémisphère du cerveau, derrière le front correspondant, commande le membre de l’autre côté. De là à dire que le demi-front (hémisphère) a la même « polarité » que le membre (en biais) correspondant il n’y a qu’un pas, vite franchi après observation et détection des « radiations » ou polarités.
« Mentionnons seulement avec le docteur Manuel BERRONDO, qui s’est signalé par des travaux tout à fait pertinents sur la motricité conjuguée main-œil directeur à propos des strabismes et de la gaucherie notamment, les faits suivants. La commande du regard vers la droite se fait par l’hémisphère gauche comme les mouvements des membres du même côté et inversement. Au plan de la sensation visuelle il faut signaler que chaque œil transmet des informations par la rétine à l’hémisphère droit et à l’hémisphère gauche par chaque hémi-champ visuel vertical par lesquels les choses vues et les mouvements se projettent dans chaque hémisphère grâce à l’entrecroisement des fibres du chiasma optique ».
(Cité par le docteur J.Raynaud dans : « Test de Mesker et latéralité gauche » à propos de « La main humaine », 1977, de P. Mesker (en hollandais).
En termes simples ceci signifie que les deux yeux sont connectés pour voir des deux côtés de façon distincte (dedans, dehors).
Les quatre zones ou secteurs, présents dans la tête, au niveau des yeux : œil extérieur, œil intérieur, autre œil intérieur et autre œil extérieur, se prolongent dans tout le corps par des lignes verticales imaginaires sur le modèle de l’oeil.
Ce qui est très pratique, c’est que les vêtements, au plus près du corps surtout, n’empêchent pas la « détection ». La couleur noire des vêtements semble moins « transparente » que la toile de jean. Si on fait un tel schéma de répartition des polarités dans le corps humain, il suffit de constater que certains éléments du corps appartiennent aux secteurs EXTERNES, tels que les membres, alors que les autres appartiennent aux secteurs INTERNES.
Pratique de la détection
Arriver à détecter un rayonnement, les yeux dans les yeux, n’est évidemment pas pratique ni même possible si on veut observer les gens sans qu’ils s’en aperçoivent, mais il existe des solutions plus simples, puisque le rayonnement se trouve dans tout le corps. Qu’est-ce qui empêche de faire l’expérience sur une joue, une main, une oreille, un nez ou une jambe puisque les vêtements ne sont pas un obstacle ? Je dois dire que quand les vêtements sont absents (à la piscine) c’est même quelquefois plus difficile par manque d’habitude et à cause d’une trop forte impression.
La détection d’un côté doit évidemment se confirmer ou non de l’autre côté où on doit trouver une polarité inverse de la première. Un champ d’observation très pratique et toujours à disposition pour poursuivre des recherches c’est la télévision car le rayonnement “passe” dans les films et les photos, ce qui posera des problèmes lors de films à acteurs « virtuels ».
Remarque pleine de bon sens sur ladite méthode de détection
On voit d’après sa description qu’elle fait appel à des sensations que certains auront et d’autres pas. En effet, il s’agit d’une sorte de médiumnité qu’on est capable ou non de ressentir et de développer, ou bien elle fait partie de la télépathie du moins pour ce qui concerne la sensation initiale décrite d’attraction ou de répulsion. La détection n’est donc pas à proprement parler « reproductible » et « scientifique ». De plus, elle apparaît peut-être chez des individus qui ont vraiment pratiqué chacune des deux mains et sollicité les deux hémisphères pour les mouvements (ambidextrie vraie).
Par ailleurs, s’il s’agit de télépathie uniquement (= envoyer et recevoir des signaux) il est difficile de l’impliquer dans les photos et les films, lesquels permettent aussi de percevoir un « rayonnement ».
Malgré cette nature non scientifique des tests j’ai pu proposer des hypothèses plausibles et découvrir des fonctionnements vraisemblables, ainsi que des caractéristiques originales de la latéralité.
Il arrive d’ailleurs souvent qu’on trouve des choses vraies sur la base d’éléments douteux ou non prouvables.
Qu’il s’agisse d’une radiation provenant d’ondes inconnues (au-delà des fréquences visibles encadrées par l’infrarouge ou de l’ultraviolet, par exemple) qu’on sent sans les voir ou de « rayonnement » d’autres types, calorifique ou non, peu importe, si on n’a pas encore réussi à fabriquer un appareil qui y soit sensible.
Ce phénomène revient aussi à percevoir l’intention de mouvement de l’autre (télépathie).
Tout ceci pour dire que, du fait de la nature non scientifiquement reproductible de la méthode, il vaut mieux ne plus insister sur ce test par l’œil pour l’instant.
Heureusement, il existe un autre test complémentaire basé sur l’observation de la voix qui peut être réalisé par tout le monde.
(Voir chapitre 9, pour les deux tests)
A quoi sert cette détection ?
A quoi peut bien servir cette détection ? Si on pouvait tester tous les enfants, grâce à un appareil fiable, il n’y aurait plus de gauchers contrariés ou ignorés. Si les conséquences d’une inversion étaient nulles ou sans intérêt, ce test ne serait qu’une curiosité de valeur statistique, mais ce n’est pas le cas.
La description de la personnalité de l’homme ou de la femme, basée sur des données relatives à la latéralité, acceptée et développée, ou ignorée, présente beaucoup d’intérêt, ne serait-ce que pour mettre en évidence certaines facultés ou caractéristiques des individus.
On peut aussi peut-être voir si les individus d’un couple sont compatibles en théorie. Si la nature humaine est latéralisée, il y a une raison sérieuse à toute cette complication et pourquoi ne pas essayer de la comprendre et d’en profiter?
Il est possible que les animaux, du moins les mammifères, qui nous sont proches, et à un moindre degré les primates en général, soient sensiblement symétriques, c’est-à-dire mâles ou femelles des deux côtés, en fonction du sexe. Par exemple, est-ce que la voix du taureau est si différente de celle de la vache ? Si la voix de la femme est si différente de celle de l’homme c’est à cause de la différence fondamentale entre les deux entités corporelles, qui ne se limite pas au sexe proprement dit.
Est-ce que les deux hémisphères du cerveau chez les animaux sont semblables ? N’avons-nous pas ici LA différence fondamentale par rapport à nous? Lorsqu’on aura développé des appareils pour détecter le rayonnement en question il sera très intéressant de tester les animaux.
Les hémisphères sont-ils différents chez tous, de la même façon ?
Il y a une hypothèse scientifique bien admise parce que vérifiée par des expériences in vivo, basée sur l’anatomie et les tests : c’est celle qui enseigne que l’hémisphère droit du cerveau a telle ou telle caractéristique alors que l’hémisphère gauche aurait telle ou telle autre caractéristique.
Des propriétés distinctes entre l’hémisphère « primordial » ou dominant et l’autre existent d’après les neuroanatomistes, mais ce n’est pas forcément un hémisphère situé toujours soit à droite soit à gauche, même s’il est distinct anatomiquement, puisqu’il s’agit selon l’hypothèse exposée ici, d’une dominance électrique ou magnétique, non anatomique, actuellement inconnue.
Que l’hémisphère droit ne soit pas tout à fait le même que le gauche, anatomiquement ou autrement, c’est très probable, puisque à l’intérieur c’est aussi le cas (cœur et foie, de côtés différents) mais lui attribuer spécifiquement le langage, le sens de l’espace, ou autre chose, en excluant l’autre, semble discutable si on n’accepte pas des exceptions résultant de la latéralité.
Le sens de l’espace, par exemple, ressort plutôt des caractéristiques liées au sexe et de l’intérêt ou non qu’il suscite. Pourquoi pas deux centres du langage distincts qu’on a la possibilité de développer dans l’enfance mais qu’on ne développe peut-être pas toujours ?
Voici une courte liste qui montre globalement comment se distinguent les deux hémisphères, dominant ou dominé :
Fonctions du dominant (numérique)
Langage,
Formulation motrice adroite (actions),
Arithmétique : capacités de calcul séquentielles et analytiques,
Habilité musicale : capacités séquentielles et analytiques des musiciens entraînés,
Sens de direction : suivre un jeu de directions écrites en séquence.
Fonctions du non dominant (analogique)
Prosodie (émotion provenant du ton de la voix),
Analyse visuelle-spatiale et attention spatiale,
Habileté arithmétique pour aligner correctement des colonnes de nombres sur la page,
Habileté musicale : chez les musiciens non entrainés et pour des morceaux musicaux complexes chez des musiciens entrainés,
Sens de direction : trouver son chemin au moyen d’un sens global d’orientation spatiale.
(d’après Hal Blumenfeld : Neuroanatomy through clinical cases, chapitre 19, 2002)
On trouve aussi un tableau beaucoup plus détaillé des caractéristiques des hémisphères chez le dr. Bernard AURIOL (3). Dans l’ensemble il s’agit d’une description relevant de caractères analogiques ou numériques selon que l’hémisphère est secondaire ou primaire (en général, droit et gauche pour les droitiers). On y trouve aussi une mention des maladies ou des aspects négatifs de l’un ou de l’autre.
2) Découvertes successives sur les rôles de la latéralité
Accouplements en fonction de la latéralité
Une fois détectées les polarités et donc les latéralités des individus, on peut se poser des questions sur leurs relations affectives mutuelles, par exemple à l’intérieur du couple.
Qui s’accouple à qui ? Est-ce le hasard qui réunit les individus ?
Si dans un couple (homme et femme) il existe une opposition, face à face (mêmes polarités) et dans un autre couple (de polarités mutuellement inverses) une sorte d’accord, membres à membres, d’une part, et entre lignes centrales, d’autre part, est-ce que, dans le premier cas, de mêmes polarités, ce couple ne se conviendrait pas, alors qu’il se conviendrait dans le deuxième cas, de polarités contraires ?
En d’autres termes, un droitier et une gauchère, ou un gaucher et une droitière, dans le premier cas envisagé, se conviendraient, tandis que dans le deuxième cas un couple de gauchers ou un couple de droitiers ne se conviendraient pas.
Pour compléter cette remarque, il convient de noter en passant que les individus d’une « paire » (et non « couple ») : homme et homme, ou femme et femme, de même polarité se correspondent, au face à face, d’après ce qui précède, et que les individus d’une autre paire, de polarités différentes, s’opposent au face à face.
Cette correspondance ou opposition donne naissance à la compétition et à l’amitié puisqu’ils sont de même sexe.
En toute logique il y a sûrement une importante signification dans cette situation. Après beaucoup d’expériences, il apparaîtrait que les couples de droitiers, d’une part, et d’autre part les couples de gauchers sont respectivement faits pour fusionner dans leur couple respectif, en dépit de cette “opposition” de rayonnement .
En effet, s’il y a opposition face à face il y a un accord en oblique entre les membres (les deux lignes externes) et le centre (les deux lignes internes), lequel comprend le front, les yeux internes, le cou, le double buste et le sexe.
Il y a donc attraction, avec appel au mouvement, entre les membres d’un individu donné et le centre de l’individu se trouvant en face (= copulation).
Dans le cas de couples avec latéralités “mixtes” l’attirance totale face à face ne donne qu’une «fascination» réciproque passive sans mouvement.
Dans le cas de couples de mêmes polarités l’attraction entre le centre de l’un et les membres de l’autre encourage le mouvement et la parole (qui est un mouvement aussi), ce qui est la condition requise pour qu’aient lieu les rapprochements sexuels.
A ce sujet on peut insister sur le fait que deux individus de sexes opposés se conviennent quand ils peuvent se parler facilement. C’est le signe le plus facile révélant la même latéralité. Dans le cas contraire, l’un (l’homme) parle à l’autre mais la conversation ne se nourrit pas. C’est un monologue, on fait la demande et la réponse. L’un des deux finit d’ailleurs par le dire.
Tout couple qui n’arrive pas à échanger des paroles est un couple provisoire, donc sans avenir ; il n’y a alors pas d’attirance complète réelle, mise à part l’attirance purement physique, moins intense ( ?), résultant des différences anatomiques et physiologiques.
Dans un monde à latéralité unique, de droitiers, la question ne se poserait pas de savoir si des couples de droitiers se conviennent. De même, dans un monde de gauchers il n’y aurait pas non plus de choix. On aurait alors toujours cette opposition face-à-face qui appelle le mouvement et donc l’accouplement.
Confirmation de l’accouplement « normal »
Je pense donc que seuls les couples de MEME LATERALITE se forment durablement. Les autres ne se forment que momentanément, rarement ou même pas du tout, à l’heure actuelle où l’on tend à ne plus admettre les mariages forcés.
Dans les temps anciens et encore maintenant dans certains pays les mariages étaient arrangés. Combien de catastrophes historiques ont dû survenir à cause de cette coutume !
J’ai essayé pendant longtemps de croire ou j’ai espéré possible de croire qu’il était indifférent d’avoir telle ou telle latéralité, semblable ou différente, dans un couple, mais je suis forcé d’admettre que ce n’est pas le cas.
Cette explication par le mouvement attirant les membres vers le centre (face-à-face) parait plausible.
Est-ce que les inversés (emploi de la seconde main au lieu de la première) qui s’accouplent avec d’autres inversés ou gauchers d’autres sortes (cas très général) le font parce qu’ils ont tous deux une caractéristique particulière ou parce qu’ils sont de même latéralité ?
Je penche vraiment pour cette dernière hypothèse parce que les accouplements entre individus de latéralités opposées sont extrêmement rares et généralement ne durent pas.
Est-ce qu’ils sont faits différemment à l’intérieur (cerveau, entre autres) par rapport aux droitiers ? Même si la polarité mâle ou femelle est présente chez les deux latéralités, comme indiqué plus haut, est-ce que le cerveau est organisé de la même façon entre gauchers et droitiers ? On peut en douter.
De toutes façons, l’orientation et la place des organes internes ne sont pas les mêmes par rapport à la main (main du cœur, main du foie).
Une autre preuve de l’accouplement entre mêmes latéralités c’est qu’un gaucher ou une gauchère bien latéralisés a le choix de s’accoupler avec des individus semblables (assez rares) ou avec des inversés. Il ou elle le fait très rarement avec ses semblables (rareté) et pas du tout avec des droitiers.
Ces accouplements entre gauchers développés et inversées (ou vice versa) ne peuvent être très parfaits, puisque « l’éducation » de la partie centrale (développement du cerveau) n’est pas la même, mais ils peuvent durer et banalement durent, malgré les empiètements mutuels inévitables causés par la ressemblance entre les deux cerveaux actifs.
Un gaucher complet aura peut-être tendance à choisir un (ou une) conjoint(e) de la catégorie droitière pour ne pas se sentir dans une sorte de ghetto de gauchers de tous degrés, s’il n’admet pas qu’il doive trouver son complément dans cette catégorie, mais ce n’est probablement qu’une illusion car, comme mentionné, l’attirance instinctive majeure vers l’autre sexe vise inconsciemment quelqu’un de même latéralité.
Bien entendu, tous ces rapprochements entre individus de mêmes latéralités se font intuitivement par goût et non par raisonnement.
De plus, comme il y a moins de gauchers que de droitiers mais autant de femmes que d’hommes dans chaque catégorie, il serait logique de penser que l’accouplement « normal » devrait avoir lieu à l’intérieur de chaque catégorie si on accepte, bien sûr, l’existence de polarités différentes et leur mécanisme d’action.
Problèmes lors d’accouplements de gauchers dissemblables
Quels sont les problèmes créés par cette situation disparate ? On suspecte que le fait de ne pas se conformer à la latéralité naturelle provoque un développement inverse ou partiellement inverse des caractéristiques du cerveau, de la voix et de façon générale des deux secteurs centraux (voir chapitre suivant).
On verra plus loin (chapitre 3), en se fondant sur une hypothèse résultant d’observations, qu’effectivement le développement inverse de la main provoque un développement concomitant « inadapté » du cerveau. Ceci ne peut être confirmé que si on admet que les hommes et les femmes ont une façon intrinsèque différente de penser.
Il résulte de ces situations qu’une femme inversée ou contrariée aura un développement sensiblement MASCULIN du cerveau et de la pensée active. La voix sera basée sur les voyelles et le développement normal du mental manquera au sexe concerné.
Le développement naturel de l’hémisphère sera seulement inconscient et non cultivé par la pratique de la main.
Pour un homme ce sera bien sûr l’inverse : le cerveau développé sera sensiblement FEMININ.
Une inversion des membres va se répercuter négativement sur la ligne centrale double : cerveau, cou, estomac, organes de la digestion, dos, intestin, sexe...
Les conflits dans ces derniers couples surviennent parce que l’un (n’importe lequel des deux) a l’impression que l’autre empiète sur son domaine et du même coup ne remplit pas son office. Ils surgissent au niveau de la voix et du raisonnement (et du sexe) et sont inévitables, même avec la meilleure bonne volonté.
L’un des deux va alors céder mais se sentira frustré et ce n’est pas une solution durable car il y a révolte plus ou moins consciente. Si on veut se placer d’un autre point de vue on peut dire qu’aucun ne se sent indépendant de l’autre.
Si pépé bricole, mémé se mêlera du bricolage, même si ça ne l’intéresse pas vraiment, ou le méprisera, dans le seul but de contrôler (encercler) et même de DOMINER. On peut aussi prendre l’exemple d’une femme bien latéralisée et d’un homme inversé.
La femme aura plutôt l’impression d’avoir tout à faire et de ne pas pouvoir compter sur son compagnon pour les responsabilités.
Si ce n’est pas le cas, ou bien l’un fait le travail de l’autre et l’autre le travail de l’un (inversés ou contrariés), ou alors, dans le cas d’une gauchère complète ou d’un gaucher complet dans un couple non également développé, si on considère l’étendue, disons de 180°, de l’activité (non sexuelle) d’un couple, l’un fera 90° et l’autre aussi, mais en recouvrant partiellement, disons sur 45°, les 90° de l’autre, ce qui donne une activité totale de 135°, au lieu d’activités complémentaires, qui s’additionnent pour donner 180°.
Hypothèse sur la proportion et l’origine des deux latéralités
Hasardons une hypothèse sur la raison du nombre inégal de droitiers et de gauchers. Tout d’abord il y a probablement davantage de gauchers inversés, refusés ou contrariés (pour l’écriture) que de gauchers complets ou intégraux. Il y a donc plus de gauchers que ce que l’on croit habituellement.
Pourquoi cette différence entre le nombre des droitiers et des gauchers, alors qu’il y a dans l’humanité à peu près autant de femmes que d’hommes, qu’on accouple ?
Cette différence n’est pas du même ordre : on ne marie pas ensemble d’une part les gauchères et les droitiers et d’autre part les gauchers et les droitières de façon naturelle et obligatoire ; donc les deux catégories peuvent être en nombres différents.
Il y a cependant autant de femmes que d’hommes dans chaque catégorie de latéralité, j’en suis persuadé, alors qu’officiellement il y a moins de gauchères. En réalité, il y a plus de femmes inversées que d’hommes, à cause de leur souplesse mentale ou de leur peu d’intérêt pour les ouvrages de force ; et à cause du qu’en dira-t-on. Comme il y a donc autant d’hommes que de femmes dans la même catégorie on peut alors se dire qu’ils sont peut-être faits pour s’accoupler régulièrement et de préférence (?).
On peut imaginer par exemple et pour se distraire que la répartition a des causes géographiques car c’est semble-t-il aux latitudes extrêmes qu’on rencontre le plus de gauchers : en Scandinavie ou en Australie. En Afrique il y en aurait beaucoup moins d’après ce que mes tests montrent à l’aide de la TV.
Pourquoi ne pas supposer que c’est la PROXIMITE DE L’EQUATEUR qui produit les DROITIERS ? Comme il y a plus de population près de l’équateur et dans les pays tempérés que dans les pays situés vers les POLES, il y a plus de droitiers que de gauchers, dans la population en général. Plus on s’éloigne de l’équateur moins il a d’influence et une INVERSION de la “polarité” intervient.
Cette « polarité » cependant est intervenue il y a longtemps et fait partie du capital génétique. Est-ce que la position géographique agit encore maintenant ? Probablement.
Avec le brassage actuel des populations, qui ne cessera pas, on trouve des Noirs en Suède. Ce brassage n’a jamais été aussi intense et résulte des voyages, ainsi que des mélanges, que ne peuvent plus empêcher les religions, principal obstacle auparavant, à cause de la perte significative de leur influence sur ce point.
La proportion présente initialement pourrait donc changer à l’avenir. L’explication géographique peut apparaître plus plausible si on constate, comme c’est probablement le cas, qu’il y a en proportion plus de Noirs gauchers aux Etats-Unis qu’en Afrique. De toute façon, personne jusqu’ici n’a trouvé une explication convaincante à ce phénomène.
Cette supposition, sans intérêt véritable, si ce n’est la curiosité, est donc aussi bonne que d’autres, bien compliquées.
Il existe une autre hypothèse sur l’origine basée sur les mélanges qui peut-être ont créé l’homme.
Dans un film qu’on a eu l’occasion de voir à la télévision, on parle de l’humanité du début et notamment des Néandertaliens et de l’espèce survivante parallèle : Cromagnon ou généralement homo sapiens sapiens. On dit que nous ne pouvons pas descendre des Néandertaliens parce que les ADN sont trop différents.
La conclusion serait donc que seule l’espèce homo sapiens sapiens a survécu tandis que les autres étaient cependant encore là jusqu’il y a 25000 ans. Aucune relation sexuelle ? Etrange et impossible ! Pas de rapts ? Ceci me semble résulter de l’absence relative de matériel d’étude. En effet, selon les paléologues l’os du doigt en général devrait être suffisant pour donner une image complète de l’individu !
Pourquoi ne serions-nous pas le résultat du mariage de deux espèces de primates et non les descendants d’une seule espèce ?
La double latéralité pourrait provenir de ce mariage, entre gens du nord et gens de l’équateur par exemple.
Un mariage entre robustes et moins robustes, entre primitifs et moins primitifs, entre gauchers et droitiers.
La latéralité de gauche est dépréciée, sans aucun doute. N’est-ce pas le souvenir d’une peuplade plus fruste ?
Peu importe au fond l’explication de l’origine, géographique ou autre, mutations ou adaptations.
Les Néandertaliens ont disparu parce que «moins adaptés» ou «moins féconds ». S’ils sont moins adaptés est-ce que c’est parce qu’ils étaient symétriques et moins latéralisés d’un côté ou de l’autre ? Une des utilités de la latéralité consiste à pousser l’homme à agir et donc à modifier la terre et son destin. Si ces Néandertaliens étaient symétriques (comme les animaux ???) ont-ils manqué de la faculté « d’adaptation » indispensable pour arriver jusqu’à nous.
Pour la transmission de la vie on peut aussi supposer que les femelles n’étaient pas fécondes tout le temps comme c’est le cas pour les femelles humaines ou celles de homo sapiens sapiens.